C’est la première apparition d’Assimi Goïta depuis les attaques coordonnées, samedi, par des djihadistes du GSIM, alliés à la rébellion indépendantiste touareg. Au moins 23 personnes, civils et militaires, ont été tuées.
Le chef de la junte au Mali, Assimi Goïta, a assuré, mardi 28 avril, que « la situation est maîtrisée », trois jours après des attaques sans précédent menées par une alliance de groupes djihadistes et touareg contre des positions stratégiques du pouvoir malien. M. Goïta, qui s’exprimait pour la première fois depuis ces attaques, a toutefois reconnu une situation d’« extrême gravité » pour le pays, appelant la population à ne pas céder à la « division ». De leur côté, les djihadistes menacent d’imposer un blocus à Bamako.
L’attaque menée par le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), affiliés à Al-Qaida, alliés à la rébellion indépendantiste touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA), samedi dans la ville de Kati, fief de la junte, a coûté la vie à au moins 23 personnes, civils et militaires, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) une source hospitalière sous couvert d’anonymat. Un précédent bilan de ces attaques, établi par la junte et annoncé samedi soir, faisait état de 16 blessés civils et militaires.
Le ministre de la défense malien, Sadio Camara, a été tué dans ces attaques. M. Camara était considéré comme l’architecte du rapprochement politique et militaire de ces dernières années avec la Russie. La junte avait chassé les militaires français en 2022.
Après plusieurs jours d’absence et de mutisme, M. Goïta est réapparu mardi pour la première fois aux côtés de l’ambassadeur de Russie dans le pays, selon des photos publiées par la présidence malienne. L’absence et le silence du dirigeant malien avaient nourri des spéculations sur sa capacité à se maintenir au pouvoir.
Situation confuse
« Le plan funeste de l’ennemi a été déjoué avec la neutralisation d’un nombre important d’assaillants », a déclaré le général Goïta, mardi soir dans une adresse à la nation diffusée dans le journal de 20 heures sur la chaîne publique ORTM. « A l’heure où je vous parle, le dispositif est renforcé. La situation est maîtrisée et les opérations de ratissage, de recherches, d’exploitation du renseignement et de sécurisation se poursuivent », a-t-il encore affirmé. Le chef de la junte a appelé la population à un « sursaut national » et à « s’ériger contre division et la fracture nationale ». « Le Mali a besoin de lucidité et non de panique », a-t-il insisté.
Mais la situation dans le pays reste confuse. Mardi, le GSIM a menacé d’imposer un blocus sur les entrées de la capitale malienne, selon une vidéo d’un de leurs porte-parole. « A partir d’aujourd’hui, un blocus est imposé à Bamako sur tous les axes, a déclaré Bina Diarra. La seule mesure de tolérance est accordée à ceux qui se trouvent déjà à Bamako pour leur permettre de repartir. En revanche, il est désormais interdit de s’y rendre jusqu’à nouvel ordre. » Il n’était pas possible dans l’immédiat de savoir si ce blocus serait vraiment effectif dans les prochains jours.
Mardi, l’ambassade des Etats-Unis à Bamako a écrit sur son site Internet avoir « pris connaissance de signalements faisant état de mouvements terroristes possibles à l’intérieur de la ville ». Elle recommande aux ressortissants américains de se confiner et d’éviter tout déplacement non essentiel.
L’armée abandonne des positions dans la région de Gao
Les attaques coordonnées samedi jettent le doute sur les capacités de la junte à faire face aux menaces des groupes armés, et mettent à mal sa rhétorique, qui affirmait jusqu’ici que sa stratégie de rupture, ses nouveaux partenariats étrangers et son effort militaire accru avaient permis d’inverser la tendance face aux combattants radicaux islamistes.









