Le gouverneur de la BCEAO dresse l’état de l’économie régionale lors d’un entretien avec Assimi Goïta

Une audience stratégique a été accordée par le Président de la Transition du Mali, le Général d’Armée Assimi Goïta, à une délégation de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest conduite par son gouverneur, Jean‑Claude Kassi Brou. Dans un entretien jugé constructif, un tour d’horizon de l’économie régionale a été présenté, avec un focus sur la trajectoire malienne. Des signaux robustes ont été mis en avant, tandis que les défis conjoncturels ont été reconnus avec lucidité.
Enjeux macroéconomiques pour le Mali et l’UEMOA
Un diagnostic régional a été partagé pour éclairer les choix de politique économique. La résilience du Mali a été soulignée, malgré un environnement international heurté. Des tendances favorables ont été observées sur la croissance, sur l’investissement public et sur la soutenabilité des grands équilibres. Dans le même temps, des vulnérabilités externes ont été rappelées, afin d’orienter une action publique plus ciblée et mieux séquencée.
Indicateurs en amélioration et maîtrise des prix
Des performances macroéconomiques encourageantes ont été mises en exergue. Il a été indiqué que la croissance s’est maintenue au‑delà de 6 %, tandis que l’inflation est restée contenue aux alentours de 2 %. Ces résultats ont été attribués à une gestion budgétaire plus disciplinée, à une production vivrière soutenue et à une coordination renforcée entre autorités nationales et régionales. Toutefois, une vigilance a été recommandée face aux chocs de coûts et aux aléas climatiques.
Stabilité financière et inclusion économique
La consolidation de la stabilité monétaire a été présentée comme une priorité partagée. Il a été recommandé d’accélérer l’inclusion financière, notamment par la digitalisation des paiements et l’extension des services aux zones sous‑bancarisées. Les très petites et moyennes entreprises ont été identifiées comme un levier d’emploi, appelant des mécanismes de garantie, un accompagnement non‑financier et un meilleur accès à l’information de crédit.
Un maillage bancaire renforcé à Mopti
L’avancement des travaux de l’agence auxiliaire de la BCEAO à Mopti a été détaillé. Ce projet a été décrit comme une étape décisive pour rapprocher les services de banque centrale des acteurs économiques locaux. Après l’ouverture de l’agence de Kayes, un continuum territorial est visé afin de fluidifier les circuits monétaires, d’améliorer la qualité de service et de soutenir la confiance des opérateurs dans l’ensemble des régions.
Effets attendus pour les ménages et les entreprises
Des bénéfices concrets ont été anticipés pour le secteur privé et pour les foyers. Une meilleure stabilité des prix vise à protéger le pouvoir d’achat, tandis que la disponibilité du crédit doit accompagner l’investissement productif. Par ailleurs, des délais de traitement plus courts et des services modernisés sont attendus pour réduire les coûts de transaction et stimuler l’initiative locale.
Coopération institutionnelle et feuille de route
Un dialogue suivi entre Bamako et l’institution d’émission a été acté pour maintenir la lisibilité des politiques. Des échanges techniques réguliers ont été programmés afin de suivre les indicateurs, d’ajuster les priorités et d’évaluer l’impact des réformes. De plus, une transparence accrue a été jugée essentielle pour ancrer les anticipations et renforcer la crédibilité des engagements publics.
Cap sur la transformation économique
Une stratégie de transformation a été esquissée autour de trois axes: productivité agricole, interconnexion logistique et montée en gamme industrielle. Des réformes propices au climat des affaires ont été encouragées, avec un accent sur la sécurité juridique, la simplification administrative et la formation. Ainsi, une attractivité renforcée devrait être obtenue pour capter davantage d’investissements durables.
Contexte international et résilience nationale
Un environnement mondial volatil a été reconnu, marqué par des tensions d’approvisionnement, des variations de change et des risques climatiques. En réponse, une gestion prudente a été prônée pour préserver la marge de manœuvre budgétaire. En outre, une coopération régionale plus dense a été considérée comme un rempart efficace contre les chocs exogènes et comme un catalyseur d’opportunités nouvelles.
Perspectives et engagements
Des perspectives positives ont été dessinées si le rythme des réformes est maintenu. La continuité des politiques publiques a été considérée décisive durant la période de transition. Surtout, une coordination étroite entre autorités nationales, secteur privé et partenaires régionaux a été présentée comme la condition d’un cycle de croissance plus inclusif, plus résilient et mieux partagé sur tout le territoire.
La redaction
